« La Douce Impatience de Vivre »

« La Douce impatience de Vivre est un journal intime. Une traversée du temps photographique et littéraire racontant, à travers une série de portraits, de paysages et de textes, l’histoire d’une cinéaste-photographe qui a sciemment choisi de ne pas vivre dans un milieu dit artistique. Je n’aime pas ce mot, artiste, mais je l’utilise par défaut, n’en connaissant pas d’autre plus approprié. Artiste n’est pas un métier. Pas une profession. Pas une raison d’être. Pas un privilège. Pas une malédiction. Ce n’est pas le statut de quelqu’un qui se veut différent ou à part. Ce n’est pas un attribut de supériorité. Ce n’est pas une caste. Un troisième sexe. On est artiste parce qu’on a mal aux autres et à leurs obsessions. C’est le désir de comprendre autrui, de l’explorer sans fin, obsessionnellement, de s’oublier, de se perdre en lui, qui fait de vous un artiste. L’artiste n’a pas d’ego, pas d’orgueil, pas de vanité. Il est juste quelqu’un qui regarde. Qui porte un regard sur le monde et qui tente, trait pour trait, de le restituer. Rainer Maria Rilke écrivait dans Les Lettres au jeune poète que la seule justification possible de l’œuvre d’art était l’absolue nécessité que l’artiste avait eu de la produire. L’art ce n’est que cela. Une nécessité. Une urgence. Une incandescence. Il n’est pas nécessaire qu’une œuvre photographique soit belle, bien prise, bien cadrée. En revanche il est nécessaire qu’elle soit nécessaire. Si vous n’êtes pas bouleversé, vous ne serez pas bouleversant. Si votre travail n’est que formel, vous ne récolterez qu’un simulacre du public. Si la réflexion sur la forme n’est pas mue par le respect et l’empathie, elle n’a aucune valeur, aucun sens. L’art est tout sauf un jeu formel. C’est une façon de réfléchir le sens à travers la forme. Réfléchir pour un artiste c’est vouloir, avant tout, produire des émotions. Or les émotions ne sont pas mièvres. La sensibilité n’est pas de la sensiblerie. L’émotion est violence. Mais une violence tendre. J’aime tout particulièrement cette phrase de Bertolt Brecht qui résume parfaitement tout ce que j’aimerais faire avec la photographie et le cinéma : Il pensait dans d’autres têtes, et d’autres que lui pensaient dans la sienne. C’est cela la vraie pensée. »

François Zabaleta

expozabaleta

C’est sur cette citation de l’artiste et réflexion sur l’art que s’ouvre l’exposition « La Douce Impatience de Vivre » signée François Zabaleta.

Qui est François Zabaleta ?

Artiste complet, François Zabaleta est photographe mais également écrivain, plasticien et cinéaste. Mêlant photographies et vidéos, il explore l’humain. Journal intime, le rapport entre internet et l’amour, le sexe ; François Zabaleta s’inspire de la vie, tout simplement.

Après avoir présenté ses œuvres à Paris, Cannes ou encore New-York, Zabaleta expose dans sa ville natale. Car l’artiste de 56 ans est un Loirétain, né à Gien. C’est pourtant la première fois qu’il expose à Gien. Comme une façon de remercier ses modèles, qui, pour un bon nombre, habitent la ville.

« La Douce Impatience de Vivre »

Une exposition photographique de 110 œuvres, présentée à l’Espace Culturel de Gien (45), qui regroupe des portraits et des témoignages. Portraits et témoignages d’anonymes, de personnes ordinaires. Des histoires personnelles et des parcours de vie capturés par l’appareil de François Zabaleta. Car c’est ce qui l’intéresse : montrer des histoires vraies.

Et c’est ce qui rend son exposition extrêmement touchante. Au détour des murs et angles de la salle d’exposition, on découvre des visages forts, cadrés en close-up. Des portraits d’hommes, de femmes, d’enfants, de personnes âgées qui expriment une histoire. Leur histoire.

IMG_1885

On peut également lire des témoignages. Celui d’une femme qui explique son choix d’utiliser la chirurgie esthétique. Ceux d’hommes et de femmes qui parlent de leurs échecs, de leurs regrets, de leurs failles.

IMG_1880

Des témoignages terriblement humains qui font résonance au plus profond de nous. On se retrouve dans le récit de cet adolescent convaincu de ne pas être assez bien, dans ce regard fuyant l’objectif. Un travail bouleversant que l’on observe sur des airs de Fred Astaire et de James Booker – entres autres – alternés de bruits de vagues. Un sol recouvert de feuilles de papier, comme pour rappeler et signifier le journal intime, une musique jazzy, des portraits saisissants, et un brin de mélancolie, l’exposition de François Zabaleta a été une belle découverte personnelle.

IMG_1887

IMG_1888

IMG_1894

Présentée jusqu’au 17 Septembre, l’exposition de Zabaleta se découvre en parallèle de celle d’un autre artiste. François Zabaleta a invité un photographe giennois, Romain Beaumont, pour présenter sa série intitulée « Platanes ». Il met la lumière sur ces arbres qui bordent la Loire et qui sont emblématiques de la ville de Gien.

IMG_1892

Deux expositions à découvrir gratuitement à l’espace culturel, rue Georges-Clemenceau. Elles sont visibles les mercredis, jeudis, vendredis et samedis, de 15 à 19 heures.

Pour en savoir plus sur ces deux artistes, je vous renvoie sur leurs sites et chaînes Youtube respectives :

François Zabaleta : Youtube

Romain Beaumont : Site // Youtube

Photographs of the exhibition, all taken by myself

Twitter : @StandByMelBlog || @MelaniePradalie
Instagram: @MelaPradalie
Pinterest: @MelPradalie

© Mélanie Pradalié

Publicités

10 réflexions sur “« La Douce Impatience de Vivre »

  1. Super blog! J’aime beaucoup et m’abonne! Je vois que tu aimes la mode et l’art, j’écris sur ces deux thèmes à travers des analyses de collections et de tableaux, sur mon blog: leblogdeloha.wordpress.com. Je prépare en ce moment un article sur des musées du bout du monde où je suis en ce moment..
    X Loha

    Aimé par 2 people

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s